Choisir une infogérance pour petite entreprise
Pour choisir une infogérance adaptée à une petite entreprise, écrivez d'abord le périmètre exact, puis jugez le prestataire sur trois preuves : ses engagements de sécurité dans le contrat, une sauvegarde restaurée devant vous et la façon dont vous pourrez partir. Le prix par poste ne vient qu'ensuite. L'infogérance consiste à confier à un tiers tout ou partie de l'exploitation de votre informatique, et c'est le contrat qui dit jusqu'où.
Définir le périmètre avant de choisir une infogérance
Le mot recouvre des réalités très différentes. Le guide de l'ANSSI, l'agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, distingue trois catégories : la gestion d'infrastructures, la gestion des applications et l'hébergement de services. Une petite entreprise confond souvent les trois et compare ensuite des offres qui ne couvrent pas la même chose.
Faites donc un inventaire d'une page : postes et téléphones, messagerie, logiciels métier, site internet, sauvegardes, accès à distance. Pour chaque ligne, indiquez qui s'en occupe aujourd'hui et ce qui se passe si elle tombe un lundi matin. Vous verrez vite ce qui est critique. Il est d'ailleurs possible de démarrer partiellement et d'élargir ensuite, plutôt que de tout confier d'un coup.
Distinguez aussi le dépannage de l'infogérance. Le premier intervient quand ça casse. La seconde surveille, met à jour et prévient, et elle doit vous rendre compte de ce travail. Si un devis ne décrit que des tickets d'intervention, vous achetez du dépannage, quel que soit le nom qu'on lui donne.
Ce que le contrat doit prévoir sur la sécurité
L'ANSSI a publié dès 2010 un guide resté utile, Externalisation et sécurité des systèmes d'information. Il identifie trois grands risques : la perte de maîtrise du système d'information, les interventions à distance et l'hébergement mutualisé. Il propose une méthode d'analyse, des clauses types et un plan d'assurance sécurité, le document qui fixe concrètement les engagements du prestataire. Son message reste actuel : externaliser n'est pas contraire à la sécurité, à condition que le prestataire s'y engage.
Le guide vise des organisations plus structurées qu'une TPE, et il date. Vous n'avez pas besoin de tout appliquer. Demandez simplement par écrit : qui accède à quoi, avec quelle double authentification, depuis où, avec quelle traçabilité, et sous quel délai vous êtes prévenu d'un incident.
Si le prestataire accède à des données personnelles, ajoutez le volet RGPD. La CNIL publie des exemples de clauses de sous-traitance : traitement selon vos instructions, confidentialité, recours encadré à d'autres sous-traitants, assistance en cas de violation, puis destruction ou restitution des données en fin de prestation. Elle précise que ces clauses ne constituent pas à elles seules un contrat.
Le test qui compte : sauvegarde, délais, sortie
Demandez une démonstration plutôt qu'une plaquette. Cybermalveillance.gouv.fr recommande plusieurs copies, dont une conservée hors du lieu d'origine, un support déconnecté et un test de restauration. Proposez donc au candidat de restaurer un fichier choisi par vous, à une date passée, et chronométrez. Cette simple épreuve en dit plus que tout document commercial.
| Question à poser | Bonne réponse | Signal d'alerte |
|---|---|---|
| Que se passe-t-il à 8 h un lundi de panne ? | Un délai écrit et un nom à appeler | « On fait au mieux » |
| Quand avez-vous testé une restauration ? | Une date et un compte rendu | « Les sauvegardes sont automatiques » |
| Qui détient les mots de passe et les licences ? | Vous, avec un accès documenté | Seul le prestataire les connaît |
| Comment partir à la fin du contrat ? | Préavis et remise des accès décrits | Rien d'écrit |
| Qui intervient réellement ? | Une équipe ou un sous-traitant identifiés | Réponse vague |
Quel budget prévoir, en restant prudent
Je n'ai trouvé aucune statistique publique fiable. Un article de Copeps, non daté, avance 20 à 250 euros par poste selon le service, et 1 000 à 1 500 euros HT par mois pour une couverture complète d'une PME de 20 postes avec serveur. Prenez ces montants comme des ordres de grandeur. Ils ne sont pas mes tarifs : mon offre porte sur le web et se chiffre sur devis. Vérifiez surtout ce qui se paie à part : déplacements, hors horaires, projets, licences.
Quand mon offre convient, et quand elle ne convient pas
Soyons clairs : si votre besoin porte sur des postes de travail, une imprimante, un réseau et de la bureautique, mon offre ne vise pas ce besoin. Un infogérant généraliste proche de chez vous sera plus utile, notamment s'il peut se déplacer. Mon métier concerne le web : sites, boutiques et applications, leur hébergement et leur maintenance. J'ai donc un intérêt dans ce sujet, mais seulement sur cette partie.
Beaucoup de petites entreprises ont justement les deux besoins, et un infogérant généraliste ne connaît pas toujours bien le logiciel qui fait tourner leur boutique ou leur portail client. Si c'est votre cas, mon offre d'hébergement et de maintenance peut couvrir ce morceau, avec un seul interlocuteur qui écrit le code. Pour une vue plus large des points à contrôler, lisez aussi les prix de la maintenance de site, puis écrivez-moi avec votre inventaire d'une page.
