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Refaire un site web : les critères d'obsolescence

Par Pierre-Arthur Demengel
RefonteObsolescenceCore Web Vitals
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Avant de refaire un site web, mesurez six critères d'obsolescence : la version technique et son support, la vitesse réelle, l'affichage mobile, la sécurité, la capacité à modifier le contenu et les résultats commerciaux. Un site n'est pas obsolète parce qu'il a dix ans ou parce qu'il vous lasse. Il l'est quand plusieurs de ces critères échouent en même temps et que les réparer coûterait plus cher que de repartir sur une base saine. Je vends des refontes, donc la méthode ci-dessous est faite pour que vous puissiez vérifier sans dépendre de mon avis.

Les critères d'obsolescence d'un site web, avec leur seuil

La plupart de ces contrôles prennent quelques minutes et ne demandent aucune compétence technique. Je les ai classés du plus objectif au plus commercial.

CritèreComment le mesurerSignal d'alerte
Version techniqueDemander la version de PHP et du CMS à l'hébergeurVersion sortie du support de sécurité
Vitesse réellePageSpeed Insights, données de terrainLCP au-dessus de 2,5 s, INP au-dessus de 200 ms, CLS au-dessus de 0,1
MobileVotre téléphone, en parcours réelZoom nécessaire, menu inutilisable, numéro non cliquable
SécuritéAdresse en https, liste des extensionsExtensions abandonnées, alertes du navigateur
AutonomieEssayer de changer un texte et un tarifUne heure de prestataire pour une phrase
RésultatsDemandes reçues par mois, sur un anBaisse continue sans autre explication

Le critère le plus oublié : le support technique

Un site tourne sur des logiciels qui ont une date de fin. Pour PHP, le langage qui anime WordPress et beaucoup d'autres sites, la page officielle des versions supportées indiquait fin octobre 2026 que seules les branches 8.2 à 8.5 sont encore suivies, et que la 8.2 cesse de recevoir des correctifs de sécurité le 31 décembre 2026. Une version plus ancienne ne reçoit plus de correctifs.

WordPress va dans le même sens : ses prérequis recommandent PHP 8.3 ou plus et rappellent que les anciennes versions, bien qu'encore compatibles, sont en fin de vie et peuvent exposer le site à des failles. Une version dépassée n'impose pas une refonte : passer à une version récente suffit parfois. La refonte se pose quand le thème ou les extensions ne supportent pas ce passage, et que tout casse dès qu'on essaie.

Vitesse et mobile : mesurer au lieu de juger à l'œil

Votre site paraît rapide sur votre ordinateur, avec votre connexion et vos pages déjà en mémoire. Vos clients sont sur un téléphone dans une cour de chantier ou un parking. Les seuils à retenir sont ceux publiés par Google sur web.dev : un affichage du contenu principal (LCP) en 2,5 secondes au plus, une réaction aux clics (INP) en 200 millisecondes au plus, et une stabilité de la page (CLS) de 0,1 au plus, le tout mesuré sur le 75e centile des visites.

Le mobile pèse d'autant plus que Google utilise la version mobile du contenu pour indexer et classer les pages. Si un texte n'apparaît pas sur mobile ou si une page y est réduite, c'est cette version qui compte. Un mauvais score ne condamne pas le site : une image trop lourde ou un script tiers expliquent parfois tout. Il faut savoir si le problème vient d'un détail ou de la structure, et c'est ce qui sépare la correction de la refonte.

Un critère juridique à vérifier selon votre activité

Si vous vendez en ligne, regardez aussi l'accessibilité aux personnes en situation de handicap. Selon Solutions Numériques, l'obligation s'applique à certains produits et services depuis le 28 juin 2025. Des exemptions existent pour les plus petites entreprises, et je ne connais pas votre situation : faites vérifier votre cas par votre conseil plutôt que de vous fier à un article. Retenez qu'un site construit il y a longtemps sans ce sujet en tête sera souvent plus difficile à mettre à niveau qu'une base neuve.

Même logique pour les informations obligatoires : Service Public Entreprendre rappelle qu'un site d'entreprise doit respecter certaines obligations d'information. Ce point se corrige en général sans refonte, mais il mérite d'être contrôlé en même temps.

Réparer ou refaire : la règle de décision

Si un ou deux critères échouent, réparez. Une version à mettre à jour, des images à compresser, un menu mobile à reprendre : ce sont des travaux de maintenance qui ne justifient pas de tout refaire. Il serait malhonnête de vous vendre une refonte pour cela, et si un prestataire le fait sans avoir mesuré, demandez-lui ses chiffres.

Si trois critères ou plus échouent, en particulier si la version technique bloque les mises à jour et que le contenu est impossible à modifier, chiffrez les deux hypothèses. Demandez un devis de remise à niveau et un devis de refonte, et comparez sur trois ans, entretien compris. Pour vous faire une idée du marché, l'article sur le coût d'une refonte de site internet détaille les postes et les fourchettes.

Une refonte a aussi son risque propre. Si les adresses changent, Google recommande des redirections permanentes côté serveur et de les conserver aussi longtemps que possible, généralement au moins un an. Un site qui se positionne encore bien sur ses recherches importantes doit donc être refait avec précaution, pas par impulsion.

La prochaine étape

Faites le tour des six critères et notez ce que vous trouvez. Si le bilan est clair, vous n'avez besoin de personne pour décider. S'il ne l'est pas, je propose un audit de site gratuit, et ma refonte de site sans perte de référencement ne vous sera proposée que si les critères la justifient.

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