Migration de site et changement d'URL selon Google
Pour une migration de site avec changement d'URL, Google Search Central demande de préparer le nouveau site, d'établir un mappage complet des anciennes vers les nouvelles URL, de poser des redirections 301 côté serveur, d'envoyer le nouveau sitemap dans la Search Console, puis de conserver ces redirections au moins un an. Une fluctuation temporaire du classement est normale. Le guide ne promet donc pas l'absence de baisse : il explique comment éviter les pertes qui viennent d'erreurs de méthode.
Je réalise des refontes et des reprises de boutiques, j'ai donc un intérêt dans ce sujet. Toutes les règles citées viennent du guide officiel de Google, lu le 1er novembre 2026. Les remarques sur l'e-commerce sont les miennes.
Le guide de Google Search Central, ramené à une boutique
| Étape officielle | Ce que dit Google | Le piège en e-commerce |
|---|---|---|
| Préparer le site | Transférer images et fichiers, lever les blocages de développement, prévoir la capacité serveur | Un robots.txt de préproduction laissé en ligne |
| Mapper les URL | Partir des sitemaps, des journaux, du trafic et de la Search Console | Oublier les catégories, les marques et les images produits |
| Rediriger | Redirections serveur 301 ou 308, pas de redirection massive vers l'accueil | Tout renvoyer vers une catégorie générique |
| Sitemap | Envoyer le nouveau, puis supprimer l'ancien | Un sitemap qui liste encore des URL redirigées |
| Conserver | Au moins un an | Des règles perdues au changement d'hébergement |
Le mappage : le document qui décide de presque tout
Le changement d'URL est plus fréquent qu'on ne le croit dans le commerce en ligne, parce que chaque plateforme a ses formats. La documentation de Shopify en donne un exemple : un produit Wix en /product-page/ passe en /products/. Le chemin de la page change, même si le nom du produit reste identique. Sous PrestaShop, le schéma par défaut inclut l'identifiant du produit, et une reprise qui renumérote le catalogue peut donc modifier les adresses.
Construisez un tableau à deux colonnes, ancienne et nouvelle adresse, en combinant les sources que Google énumère. Traitez d'abord ce qui rapporte : catégories, meilleures ventes, pages avec des liens entrants, contenus de blog qui attirent des visiteurs. Google demande aussi de mettre à jour les balises canonical, les annotations hreflang et les liens internes. Chaque page de destination doit porter une balise canonical qui pointe vers elle-même. Les liens internes se corrigent souvent en dernier, alors qu'ils créent des redirections inutiles sur tout le site s'ils restent en l'état.
Les redirections 301 : ce qui est permis et ce qui ne l'est pas
Googlebot suit jusqu'à dix sauts, mais Google recommande d'envoyer directement vers la destination finale, ou à défaut de s'en tenir idéalement à trois sauts, et au pire à moins de cinq. Cela concerne surtout les sites qui ont déjà connu une refonte : l'ancienne règle redirige vers une URL qui redirige à son tour. Vérifiez cela avec un outil d'exploration, sur votre liste réelle d'URL.
Pour les pages sans équivalent, Google prévoit une réponse 404 ou 410. Un produit retiré du catalogue, sans remplaçant réel, peut donc répondre honnêtement qu'il n'existe plus. Rediriger en masse vers l'accueil n'est pas une méthode acceptable selon le guide, et c'est une mauvaise expérience pour l'acheteur qui arrive depuis un lien vers un produit précis. Si un remplaçant existe, ou si la catégorie parente répond clairement au besoin du visiteur, redirigez vers elle au cas par cas.
Search Console : sitemap, changement d'adresse, suivi
Validez toutes les variantes de domaine dans la Search Console avant la bascule, en HTTP et en HTTPS, avec et sans www, selon ce que vous utilisez. Une fois le site en ligne, envoyez le nouveau sitemap, puis retirez l'ancien. L'outil de changement d'adresse sert uniquement en cas de changement de domaine ou de sous-domaine. Pour un changement de chemins sur le même domaine, il est inutile.
Le suivi se fait dans le rapport d'indexation, les rapports sur les sitemaps et les requêtes de recherche, à comparer avec vos journaux serveur. Le trafic sur les anciennes adresses doit baisser pendant que celui des nouvelles monte. Google situe le délai à quelques semaines ou plus pour un site de taille moyenne, davantage pour un grand site, et considère la migration terminée lorsque Googlebot a vu au moins une fois toutes les anciennes et nouvelles URL. Dans le commerce, évitez donc de basculer juste avant votre pic de ventes. Le guide lui-même recommande une période de faible trafic si possible, et d'envisager de commencer par une partie du site pour les gros sites.
Quand ce guide ne suffit pas
Le guide de Google porte sur le référencement, pas sur vos données. Il ne dit rien des commandes, des comptes clients, des mots de passe ou des factures. Pour une migration depuis PrestaShop, lisez aussi mon article, en anglais, sur la documentation de PrestaShop, qui traite la reprise des données et ses limites. Pour une boutique modeste qui change seulement de présentation sans toucher aux URL, tout ce processus n'est pas nécessaire : vous n'avez pas à rediriger ce qui n'a pas bougé. À l'inverse, un très grand catalogue multilingue justifie un consultant SEO technique dédié, en plus du développeur.
Ce qu'il faut demander à votre prestataire
Puis-je voir le fichier de mappage avant la bascule ? Comment testerez-vous les redirections, et sur combien d'URL ? Qui surveillera les erreurs 404 dans les semaines qui suivent ? Combien de temps les règles resteront-elles en place, et sont-elles documentées si je change d'hébergeur ? Un prestataire qui répond « on verra après la mise en ligne » vous expose à un risque évitable.
Si vous préparez ce type de projet, décrivez-le-moi sur ma page refonte de site. La reprise de la boutique Coucouroucoucou montre comment je travaille sur un existant, avec ses commandes et ses clients. Réponse sous 24 heures ouvrées, et sans promesse de classement, parce que personne ne peut en faire d'honnête.
