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Logiciel de gestion de patientèle sur mesure : pour qui ?

Par Pierre-Arthur Demengel
SantéPatientèleLogiciel sur mesure
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Un logiciel de gestion de patientèle sur mesure se justifie pour un cabinet médical dont le fonctionnement ne rentre pas dans les outils du marché, surtout pour l'agenda, la prise de rendez-vous et le suivi hors facturation. Pour un médecin qui a besoin d'ordonnances et de feuilles de soins électroniques, un logiciel de gestion de cabinet du marché reste presque toujours le bon socle. Le choix dépend donc de ce que l'outil doit faire, et non de l'envie d'avoir le sien.

Logiciel de patientèle sur mesure ou logiciel du marché

Un logiciel de gestion de cabinet, souvent abrégé LGC, gère les rendez-vous, les dossiers patients et les ordonnances, et peut aller jusqu'à l'aide à la prescription ou la facturation SESAM-Vitale, selon Le Quotidien du Médecin. Le sur mesure ne repart pas de cette liste. Il repart de ce que votre outil actuel vous oblige à faire à la main.

Votre situationPiste la plus raisonnablePourquoi
Médecin conventionné avec télétransmissionLGC du marchéAgréments et échanges de santé déjà pris en charge par l'éditeur
Médecin dont le LGC fonctionne, mais avec un parcours patient particulierLGC, plus un module sur mesure autourVous gardez le socle réglementaire et ne développez que l'écart
Psychologue, thérapeute ou cabinet sans télétransmissionOutil spécialisé ou sur mesureLes fonctions de facturation d'assurance maladie pèsent moins dans le choix
Maison de santé ou groupe avec règles propresÉtude comparée, souvent avec un intégrateurLes droits et les flux entre professionnels sont le sujet principal

Les exigences à regarder avant le code

Ce marché n'est pas celui d'un outil de gestion ordinaire. La première exigence porte sur l'hébergement. L'article L1111-8 du code de la santé publique impose un certificat de conformité aux hébergeurs de données de santé sur support numérique. Le cabinet d'avocats CMS détaille les conditions cumulatives : l'hébergeur est sous-traitant, les données sont des données de santé, il exerce une des six activités listées et l'hébergement s'inscrit dans la prévention, le diagnostic, les soins ou le suivi social et médico-social. Le référentiel de 2024 impose aussi un hébergement physique dans l'Espace économique européen.

La deuxième concerne la durée de conservation. Selon la FAQ du Conseil national de l'Ordre des médecins, le dossier d'un patient se conserve 20 ans à compter de sa dernière prise en charge, avec des cas particuliers. La même FAQ précise que le médecin reste responsable de la sécurité des données, qu'il doit encadrer son prestataire par contrat, et que le droit à l'effacement ne s'applique pas au dossier médical. Une fonction de suppression pensée sans cette règle serait donc une erreur de conception.

La troisième concerne les fonctions réglementées. La facturation SESAM-Vitale passe par un parcours d'agrément ou d'homologation propre à chaque logiciel, avec des tests. L'Agence du numérique en santé a aussi organisé le référencement Ségur des logiciels de gestion de cabinet. Ces démarches ne se prennent pas à la légère pour un seul cabinet : c'est la raison principale pour laquelle je ne conseille pas de refaire un LGC complet.

Ce que le sur mesure apporte vraiment

Le gain se trouve dans l'organisation. Un cabinet peut vouloir que le patient réserve seul dans des créneaux réellement libres, que rien ne soit déplacé sans validation, et que les messages partent au bon moment avec les bons mots. Ce sont des règles de fonctionnement propres à un exercice.

C'est le type de travail que j'ai fait pour Emmanuelle Audard, psychologue clinicienne : une application de gestion de patientèle, avec un agenda, la réservation en ligne, des courriels automatiques, l'export et la suppression des données, ainsi qu'un journal d'audit. Ce projet concerne un cabinet de psychologie, pas un cabinet de médecine générale avec télétransmission. Il illustre une catégorie de besoin et ne prouve pas qu'un développement conviendrait à votre cabinet.

Quand un autre choix convient mieux

Je vends du développement sur mesure, donc j'ai intérêt à ce que vous en commandiez. Voici quand je vous le déconseille. Si votre outil actuel fait presque tout le travail et que seul un écran vous gêne, demandez d'abord une évolution ou comparez un concurrent. Si vous ne pouvez pas assumer une maintenance sur plusieurs années, un éditeur établi sera plus sûr, car un logiciel de santé abandonné pose un vrai problème de continuité. Et si plusieurs professionnels doivent partager des dossiers avec des droits complexes, une structure plus large ou un éditeur spécialisé réduira le risque.

Ce qu'il faut exiger d'un prestataire

Posez ces questions à tous, moi compris. Où seront hébergées les données, et l'hébergeur dispose-t-il de la certification HDS pour les activités concernées ? Qui aura accès à la production, et cet accès est-il tracé ? Que se passe-t-il à la fin du contrat : export dans quel format, destruction prouvée comment ? Qui détient le code ? Quel est le plan si le prestataire disparaît ? Une réponse floue sur l'un de ces points doit vous arrêter, quel que soit le prix proposé.

La prochaine étape

Notez pendant une semaine tout ce que vous refaites à la main, puis classez ces tâches : ce qui relève du soin, de l'agenda, de la facturation et de l'administration. Si l'essentiel relève de l'organisation, un développement peut avoir du sens. Vous pouvez alors consulter ma page sur le logiciel métier et me décrire votre cabinet : vous parlerez directement à la personne qui écrit le code, avec une réponse sous 24 heures ouvrées.

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