Changer de prestataire web sans perdre site ni domaine
Pour changer de prestataire web en France sans perdre votre site, séparez trois éléments : le nom de domaine, l'hébergement et le site lui-même. Vérifiez d'abord que vous êtes bien titulaire du domaine, récupérez une sauvegarde complète, faites fonctionner le site chez le nouvel hébergeur, puis seulement basculez et résiliez. Pour un .fr, l'Afnic prévoit une procédure précise avec un code AUTH_INFO que le bureau d'enregistrement actuel doit vous fournir.
Je reprends des sites existants, je suis donc partie prenante, mais la méthode ci-dessous vaut pour n'importe quel repreneur.
Faites l'inventaire : qui détient quoi
La plupart des blocages viennent d'une confusion : le site, le domaine et l'hébergement peuvent être chez trois acteurs différents, et parfois au nom de l'ancien prestataire. Commencez par le service Whois de l'Afnic, qui indique pour un .fr le bureau d'enregistrement et, sauf masquage, le titulaire. Le titulaire y est défini comme la personne ou l'organisation qui détient les droits et les responsabilités sur le nom.
| Élément | À vérifier | À récupérer |
|---|---|---|
| Nom de domaine | Titulaire, bureau d'enregistrement, date d'expiration | Accès au compte, code de transfert |
| DNS et e-mails | Où sont gérés les enregistrements, où sont les boîtes | Copie de la zone DNS, export des messages |
| Hébergement | Contrat, version de PHP, date de résiliation | Accès FTP ou SSH, base de données |
| Site et licences | Extensions payantes, thème, droits sur le code | Fichiers, licences, contrat initial |
Si le nom n'est pas à votre nom, réglez ce point avant tout le reste. L'Afnic précise qu'une cession à une autre personne passe par le bureau d'enregistrement et requiert l'accord du titulaire actuel. Si votre prestataire est injoignable, votre situation relève plutôt de l'article sur l'agence web qui ne répond plus.
Transférer le nom de domaine : ce que dit l'Afnic
Les règles publiées par l'Afnic sont nettes pour un .fr. Vous pouvez changer de bureau d'enregistrement à tout moment, sous réserve de perdre des sommes prépayées selon votre contrat. Vous choisissez un nouveau bureau, et c'est lui seul qui transmet la demande à l'Afnic. Il lui faut le code AUTH_INFO, que vous trouvez en général dans l'interface de gestion de votre compte actuel et que le bureau d'enregistrement actuel est tenu de vous fournir. Ce dernier dispose de huit jours pour accepter ou s'opposer, et sans réponse de sa part le transfert se fait automatiquement. L'Afnic signale aussi que le transfert change la date d'expiration du nom.
Pour les extensions génériques comme le .com, le cadre vient de l'ICANN, selon lequel le code d'autorisation doit être remis dans un délai de cinq jours. Votre bureau d'enregistrement peut aussi imposer un déverrouillage préalable : chez OVHcloud par exemple, la protection contre le transfert se désactive pour sept jours et l'opération peut prendre jusqu'à dix jours. Ne lancez donc pas ce transfert à quelques jours de l'échéance du nom ou d'une période de forte activité.
Sauvegarder et déplacer le site, l'exemple de WordPress
Pour WordPress, la documentation exige une sauvegarde qui contienne les fichiers et la base de données, y compris wp-config.php et .htaccess. Faites-la vous-même, ou demandez-la à votre prestataire, puis ouvrez l'archive pour vérifier qu'elle n'est pas vide. Une copie impossible à restaurer ne vaut rien.
La procédure de déplacement officielle consiste à copier fichiers et base, à mettre à jour wp-config.php avec les identifiants du nouveau serveur, puis à tester avant de basculer. Si l'adresse change, elle met en garde contre un rechercher et remplacer global, qui peut casser les données sérialisées (des réglages stockés dans un format sensible à la longueur du texte). Sur une boutique, prévoyez aussi le gel des commandes pendant la copie finale, sinon celles passées entre-temps seront perdues.
Le bon ordre pour ne rien casser
L'ordre le plus sûr est le suivant. D'abord l'inventaire et les accès, tant que la relation avec l'ancien prestataire est bonne. Puis la sauvegarde et l'installation chez le nouvel hébergeur, sur une adresse de test. Ensuite la vérification des formulaires, paiements et e-mails. Après cela, la bascule DNS, à un moment calme. Enfin le transfert du nom si vous le souhaitez, puis la résiliation de l'ancien contrat, après une période d'observation. Rien n'oblige à déplacer le domaine et le site le même jour, et c'est souvent plus prudent de les dissocier.
Si votre site a déjà un bon référencement et que vous en profitez pour changer d'adresses ou de structure, le sujet devient une refonte, avec un plan de redirections à préparer.
Quand il vaut mieux ne pas changer
Si le problème est un manque de communication et que le contrat tient, un échange franc, avec un périmètre et un délai écrits, coûte moins cher qu'un déménagement. Si votre site repose sur une plateforme propriétaire dont le code ne s'exporte pas, le transfert n'existe pas vraiment : c'est une reconstruction, à chiffrer comme telle. Enfin, si vous n'avez aucune sauvegarde et plus aucun accès, ne résiliez rien tant que la situation n'est pas éclaircie.
Demandez à tout repreneur, moi compris, comment il valide le site avant la bascule et comment il revient en arrière si cela échoue. Mon offre de maintenance et hébergement couvre ce type de reprise. Pour commencer, listez-moi ce que vous avez encore comme accès.
